Les attaques de la rébellion ougandaise augmentent au Sud-Soudan - Afp
Les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) ont intensifié leurs attaques au Sud-Soudan, a indiqué vendredi un haut responsable de l'ONU jugeant le phénomène "très préoccupant".
"Des personnes meurent chaque semaine et les Nations unies sont très préoccupées par le meurtre, l'enlèvement, la mutilation et le déplacement de civils", a indiqué la chef des opérations humanitaires de l'ONU au Soudan, Ameerah Haq, lors d'une visite à Yambio dans l'Etat d'Equateur occidental.
Cet Etat du Sud-Soudan, frontalier de la République démocratique du Congo (RDC) et de la République centrafricaine, est le plus touché au Soudan par les raids de la LRA.
"L'augmentation du nombre de morts due à la montée en flèche des attaques" est un phénomène "très préoccupant", a déclaré Mme Haq à des journalistes voyageant avec elle. "Ces six dernières semaines, onze incidents impliquant la LRA ont été recensés, dont sept durant la première semaine de septembre".
Les rebelles ont attaqué la semaine dernière des villages situés à cinq km de la ville de Yambio, alors que l'ONU avait évacué des travailleurs humanitaires du village d'Ezo.
"L'aggravation de la situation humanitaire dans l'Etat d'Equateur occidental (sud) exige une solution à long terme (au problème) de la LRA", a souligné Mme Haq, précisant que la sécurité devait être renforcée, spécialement pour protéger les convois d'aide alimentaire qui constituent des "aimants" attirant les rebelles.
Au Sud-Soudan, plus de 200 personnes ont été tuées et 130 enlevées par la LRA depuis décembre, selon les estimations de l'ONU. Et plus de 68.000 personnes ont été déplacées dans le seul Etat d'Equateur occidental en raison des violences de la LRA alors que 18.000 personnes, majoritairement de la RDC, ont trouvé refuge dans cet Etat pauvre du Sud-Soudan.
Dirigée par Joseph Kony, la LRA, active depuis 1988, est réputée comme l'une des guérillas les plus brutales au monde.
Depuis 2005, ses combattants se sont éloignés de leurs bases du nord de l'Ouganda pour s'installer dans l'extrême nord-est de la RD Congo, d'où ils mènent des raids meurtriers sur toute la région.