LA COUR INTERNATIONALE PROGRAMME LE PREMIER ROUND DE L’AFFAIRE HABRÉ POUR LE 6 AVRIL: Wade prépare ses armes contre la Belgique.

C’est le 6 avril prochain que se jouera, devant la Cour internationale de justice (Cij), le premier round du bras de fer judiciaire entre la Belgique et le Sénégal dans le cadre de l’affaire Hissène Habré. Ce jour, la Cour doit statuer sur la demande Belge de mettre sous contrôle l’ancien dictateur Tchadien, en attendant de regarder la requête dans le fond. Le Sénégal qui a des arguments à faire valoir, ne compte pas se laisser faire.
« C’est tout à fait normal que le Sénégal se défende. Nous allons nous défendre, c’est sûr ». Ainsi parle l’avocat et ministre porte-parole du président de la République, Me Amadou Sall, joint depuis Tambacounda où il se trouvait avec le chef de l’Etat, hier. La Belgique ayant formalisé sa requête devant la Cour internationale de justice (Cij), le premier round du bras de fer judiciaire débute le 6 avril prochain.
En attendant de juger la requête dans le fond, la Cij va ce jour examiner la demande belge d’ordonner au Sénégal de prendre toutes les mesures pour que Habré, en résidence surveillée à Dakar, reste sous le contrôle et la surveillance des autorités judiciaires du Sénégal. Ce, pour éviter, selon les argumentaires de la Belgique, que l’ancien dictateur Tchadien ne prenne la fuite. C’est sur ce point précis que la Cij va statuer le 6 avril prochain, avant d’examiner plus tard la racine de la requête, c’est-à-dire la demande d’ordonner au Sénégal de poursuivre pénalement l’ancien Président tchadien ou de l’extrader pour qu’il soit jugé en Belgique. L’As avait plus que raison en affirmant, au lendemain de l’annonce de cette requête, que Wade n’allait pas se laisser faire. En effet, un « cabinet » regroupant d’éminents avocats et la plupart des responsables du ministère de la Justice a été mis en place pour préparer la défense du Sénégal. Ce que Me Sall juge tout à fait normal d’autant que notre pays ne manque pas d’arguments à faire valoir devant la Cij. Lors d’une récente sortie, Me Wade avait tenu le même discours que lors de son intervention devant ses pairs à Addis-abeba. A savoir qu’à défaut d’un budget, Habré ne sera pas jugé par le Sénégal. Et pour se désengager de la gestion des Finances, le Sénégal a même proposé que l’argent soit géré par un greffier désigné par l’Union européenne (Ue). A Dakar, on ne manque pas de soulever les amalgames de la Belgique. En effet, le dossier Hissène Habré n’est plus un dossier du Sénégal mais un dossier de l’Union africaine (Ua) qui a mandaté notre pays pour le procès. Cela dit, depuis que l’affaire a été transférée à notre pays, les moyens ne suivent pas alors que le Sénégal a conformé en les modifiant ses textes judiciaires à la procédure à venir.
Cheikh Mbacké GUISSE