La semaine du tchadanthrope…
La tournée de la Débyfolie tend presque vers la fin. De cette aventure médiatisée par le site du clan des Itno, nous retenons le vide de cette cohue bohue, si ce n’est la volonté de démontrer une existence poussiéreuse.
Dans toutes les garnisons Est du Tchad, Idriss Débyfole a fait comprendre qu’il n’irait pas personnellement aux combats, que sa milice est mieux armée pour se défendre. Des promesses ont été faites aux généraux, colonels et autres com-régions. Ordre a été donné pour qu’un droit de poursuite soit fera sur les politico-militaires.
La ville d’Abéché vit des moments difficiles et tendus. Des raquettes et autres vols s’effectuent sur les citoyens à la nuit tombée. Montres, bijoux, téléphones portables, ordinateurs, argents, sont ramassés sous prétexte des fouilles d’armes, où contrôle de charbons de bois. La population reste terrorisée, et s’éclipse dès le crépuscule. Beaucoup de personnes ont déjà fait leurs provisions en perspective des affrontements militaires.
Pendant le passage de Débyfole, plusieurs personnes ont été achetées pour sortir dans la rue. La cellule MPS de la région a été mise à contribution pour faire une sensibilisation dans les foyers. Le goujat Ahamat Bâchir, natif de la ville était au premier rang.
Le discours en privé auprès des officiers Zaghawa était celui-là. Sachez que ce pouvoir est le vôtre. C’est à vous de le défendre, sinon vous vivrez l’humiliation et le déshonneur. Vous avez du nouveau matériel et des avions de combat à votre disposition. Appeler vos frères qui sont dans la rébellion, et dites-leurs de regagner l’ordre constitutionnel. Je leur donnerai tout ce qu’il faut à condition qu’ils lâchent leurs positions…
A chaque halte c’est le même discours, les mercenaires, Al-béchir, le Soudan qui veut déstabiliser le Tchad etc..
Les notables, responsables civiles, agents de l’ANS, tout le monde au garde à vous pour écouter la même litanie d’un homme agonissant et aux abois. Les notables de chaque ville de passage ont été réunis, et des messages ont été prodigué afin qu’ils puissent demander à leurs proches dans la rébellion de déposer les armes…
A N’djamèna les phrases se délectent sous la manche. La population suit avec une attention particulière les échos de l’Est. Pendant ce temps, d’autres s’organisent à mettre ailleurs leurs proches.
Toutes les sorties et les entrées de N’djamèna sont contrôlés. Plusieurs blindés sont postés à l’entrée de la ville.
Stratégiquement Débyfole compte en faire de cette ville sa forteresse. Le palais rose est devenu un bunker hors de commun. La société Satom a aidé à construire des bunkers en sous sol. Plusieurs vivres ont été stockés pour palier à la carence qui avait eu lieu en février 2008. Mil, farine, sorgho, citerne d’huile, pompe pour rendre l’eau potable, four à pain etc.
24 mercenaires Ukrainiens, essentiellement des tireurs de blindés séjournent à l’hôtel Kempisky. Ils vont être acheminés bientôt vers les fronts Est. A eux s’ajoutent quelques Cubains, qui déambulent sur le tarmac de la base militaire Adji Koseï.
Après la ronde ironique d’Abderahim Bahr Itno sur les garnisons de l’Est, plusieurs combattants ont choisi de venir grossir les rangs de l’UFR. Les militaires de l’ANT sont à bout de moral, plusieurs cris de détresses sont lancés depuis Adré demandant la relève, de la ville de Guéreda, Goz-Beida, et Abéché. L’escadron qui s’est établi entre Biltine et Matadjena demande à ce qu’on reconsidère son quotidien avant d’aller au charbon. La majorité des éléments composant la garde Débyfole fut sassée et triée selon l’appartenance parentale et les critères familiaux aux Itno.
A paris, le MPS est ses affidés ont été aussi actifs. Profitant de son séjour de convalescence, le secrétaire national du parti de Débyfole, Mahamat Saleh Adoum (Abssounout) réuni coup sur coup la novice équipe nouvellement créée pour faire face aux émergences des représentations des politico-militaires. Dans la cour de Déby sise rue beri, les réunions tournent plus aux mini banquets, faites de promesses et d’enveloppes. Tout cela sur l’œil vigilant des agents de l’ANS disséminés parmi-eux.
De sources concordantes, l’armée française ne veut pas intervenir directement dans le conflit inter-tchadien.
A Bruxelles, au siège de l’UE, beaucoup d’observateurs reprochent à la France sa position partisane sur le conflit tchadien, alors que l’homme qu’elle défend est loin d’être de tout reproche. Le cas Ibni Oumar Mht Saleh est passé par là. Autrichiens, Irlandais n’approuveraient pas que leurs soldats jouent un autre rôle que l’objectif premier de leur mission.
Sur le terrain politico-militaire, l’heure est à l’organisation des hommes et du matériel. Sur place, l’ensemble de la force de frappe composant la résistance nationale dépasse facilement 16.000 hommes. Les colonnes se mettent en place et les débriefings quotidiens. La mise en œuvre de l’état-major et du conseil supérieur de la résistance est pour très bientôt. L’heure est grave, empreinte de mobilisation. Les semaines à venir seront décisives.
A suivre…..
TCHADANTHROPUS